Ce qu’il faut retenir
- Selon l’Insee, « le travail hybride désigne un mode d’organisation du travail où les travailleurs partagent leur temps entre présence physique dans l’établissement et télétravail ». Le travailleur hybride est donc celui qui partage ainsi son temps.
- Le code du travail, à l’article L1222-9, définit le télétravail et le télétravailleur. Il ne définit ni le travail hybride ni le travailleur hybride.
- D’après ce même article, le télétravail est mis en place par un accord collectif, à défaut par une charte de l’employeur, et à défaut par un accord entre le salarié et l’employeur, formalisé « par tout moyen ».
- L’Insee compte, au premier semestre 2024, 22 % des salariés du privé (y compris entreprises publiques) en télétravail au moins une fois dans les quatre semaines précédant leur interrogation, en France hors Mayotte. L’organisation du travail est essentiellement hybride, avec en moyenne 1,9 jour hebdomadaire de travail à distance.
On vous tend un avenant à votre contrat : deux jours par semaine chez vous, le reste au bureau. Vous allez travailler en rythme hybride. Avant de signer, vous voulez savoir sur quel texte repose ce rythme, ce que vous pouvez refuser, et qui paie l’écran que vous allez installer dans le salon.
Le travail hybride a une définition, celle de l’Insee. Les règles, elles, sont celles du télétravail, que définit l’article L1222-9 du code du travail. Vous saurez lire votre avenant avec les bons textes.
Travail hybride : une définition statistique, pas juridique
La définition vient d’une étude de l’Insee et de la Dares, l’Insee Analyses n° 105, parue le 5 mars 2025 : « Le travail hybride désigne un mode d’organisation du travail où les travailleurs partagent leur temps entre présence physique dans l’établissement et télétravail. » Ni le salarié toujours au bureau, ni celui qui ne vient jamais n’entrent dans cette case.
Le code du travail, lui, définit le télétravail. Son article L1222-9, en vigueur depuis le 21 juillet 2023, pose deux définitions :
- Télétravail : « toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication ».
- Télétravailleur : « tout salarié de l’entreprise qui effectue, soit dès l’embauche, soit ultérieurement, du télétravail tel que défini au premier alinéa du présent I ».
Le travail hybride n’y figure pas. Vos deux jours chez vous relèvent du télétravail s’ils en remplissent les conditions : un travail faisable dans les locaux, fait ailleurs, volontairement, avec des outils numériques. Les règles du télétravail s’appliquent donc à vous.
Comment le télétravail hybride se met en place
L’article L1222-9 prévoit trois niveaux, dans cet ordre : « Le télétravail est mis en place dans le cadre d’un accord collectif ou, à défaut, dans le cadre d’une charte élaborée par l’employeur après avis du comité social et économique, s’il existe. » Et quand il n’y a ni l’un ni l’autre : « lorsque le salarié et l’employeur conviennent de recourir au télétravail, ils formalisent leur accord par tout moyen. »
La fiche télétravail du salarié dans le secteur privé de Service-Public ajoute une précision sur l’accord individuel, qui peut prendre la forme d’une clause du contrat de travail ou d’un avenant : « Pour éviter les litiges, il est préférable que cet accord soit écrit. »
La même fiche distingue deux fréquences. Le télétravail régulier « permet d’avoir une régularité dans l’emploi du temps (1 à 2 jours par semaine par exemple) ». Le télétravail occasionnel « consiste par exemple à faire quelques jours ou semaines par an en télétravail ». La fréquence est précisée dans l’accord collectif ou dans la charte ; en leur absence, elle est déterminée par accord entre l’employeur et le salarié, dans le contrat de travail ou un avenant par exemple.
Volontariat et refus : qui peut dire non
Le volontariat est dans la définition même : le travail est effectué hors des locaux « de façon volontaire ». La fiche de Service-Public le dit : « Le salarié doit être volontaire. »
Le salarié peut donc refuser. Selon l’article L1222-9, « Le refus d’accepter un poste de télétravailleur n’est pas un motif de rupture du contrat de travail. »
L’employeur aussi peut refuser, avec des obligations qui dépendent du cadre. Quand le télétravail est prévu par un accord collectif ou une charte, l’employeur qui le refuse à un salarié occupant un poste éligible « motive sa réponse ». Sans accord ni charte, Service-Public indique que l’employeur « peut expliquer son refus, mais n’en a pas l’obligation ». Une exception figure dans la loi : lorsque la demande vient d’un travailleur handicapé mentionné à l’article L. 5212-13 ou d’un salarié aidant d’un enfant, d’un parent ou d’un proche, « l’employeur motive, le cas échéant, sa décision de refus ».
Le volontariat a une limite. Selon Service-Public, « En cas de circonstances exceptionnelles (menace d’épidémie par exemple), le télétravail peut être imposé sans l’accord du salarié. Cette disposition s’applique aussi en cas de force majeure. »
Les frais du télétravail
Reste l’écran du salon. Selon Service-Public, lorsque le télétravail s’exerce à domicile, « l’employeur doit fournir, installer et entretenir les équipements nécessaires au télétravail », si les installations électriques et les lieux de travail sont conformes. Pour les autres frais, l’employeur doit prendre en charge ceux qu’un salarié engage pour réaliser son contrat de travail, et « à ce titre, il prend donc en charge les frais occasionnés par le télétravail ». Deux façons de le faire : un remboursement sur la base des dépenses réellement engagées et justifiées, factures à l’appui, ou le versement d’une indemnité forfaitaire.
Le travail hybride en chiffres : 1,9 jour à distance par semaine
Selon l’Insee, en France hors Mayotte, au premier semestre 2024, 22 % des salariés du privé (y compris entreprises publiques) sont en télétravail au moins une fois dans les quatre semaines précédant leur interrogation. Et l’Insee poursuit : « L’organisation du travail est essentiellement hybride, avec une combinaison de présence physique et d’en moyenne 1,9 jour hebdomadaire de travail à distance. »
Ce que ce chiffre laisse sur site se calcule, à condition de poser deux hypothèses :
- une semaine de travail de cinq jours ;
- une moyenne de 1,9 jour lue comme celle des salariés qui télétravaillent, puisque la phrase de l’Insee suit le chiffre des télétravailleurs.
Le calcul : 5 − 1,9 = 3,1 jours de présence sur site par semaine, soit environ trois jours en arrondissant.
Ce résultat est un calcul, pas un chiffre de l’Insee ; votre accord peut prévoir un autre rythme.
Quand le bureau est loin
Trois jours au bureau, c’est simple quand il est à vingt minutes de chez vous. Quand la distance se compte en heures, l’aller-retour quotidien devient difficile à tenir, et la question des nuits sur place arrive vite. Comment faire coïncider vos jours sur site avec les jours d’un bail, et quelles options regarder quand ce rythme n’a pas de date de fin : c’est le sujet de notre article sur le logement du travailleur hybride.
Une location à jours fixes chaque semaine suppose des jours stables. Avec le bail à jours définis, les jours sont fixés pour toute la durée du bail, trois mois au minimum, et chaque occupant signe son propre contrat, avec la jouissance exclusive du logement sur ses jours. L’angle de l’employeur, pour qui le logement en semaine peut devenir un argument de recrutement, est traité dans recruter loin : le logement en semaine comme argument RH. Le dossier navetteurs rassemble les autres situations de semaine partagée entre deux villes.
Côté propriétaire : des nuits de semaine régulières
Pour le propriétaire d’un meublé en ville, un salarié présent sur site deux ou trois jours fixes par semaine représente des nuits de semaine qui reviennent, toujours les mêmes. Le propriétaire peut les louer à jours fixes, à un occupant sur ses jours et à un autre sur les jours restants, pour un revenu régulier. Les autres façons de louer un bien sont réunies dans le dossier Propriétaires.
Les points à vérifier avant de signer
- Le texte qui fonde votre télétravail. Accord collectif, charte ou accord individuel : ce n’est pas le même document, et ce ne sont pas les mêmes obligations en cas de refus.
- Un écrit, si l’accord est individuel. Service-Public conseille un écrit, par exemple une clause du contrat ou un avenant.
- La fréquence. Régulière ou occasionnelle, et l’endroit où elle est précisée.
- L’équipement et les frais. Matériel fourni par l’employeur ; pour les frais, remboursement sur justificatifs ou indemnité forfaitaire : demandez lequel s’applique chez vous.
- Vos jours sur site, si vous habitez loin. Avant de vous engager sur un logement à jours fixes, assurez-vous que ces jours sont stables.
Questions fréquentes sur le travailleur hybride
Qu’est-ce qu’un travailleur hybride ?
C’est un travailleur qui partage son temps entre présence physique dans l’établissement et télétravail, selon la définition du travail hybride donnée par l’Insee. Le code du travail, à l’article L1222-9, ne définit pas le travailleur hybride : il définit le télétravail et le télétravailleur.
Le télétravail hybride doit-il être prévu par écrit ?
Selon l’article L1222-9 du code du travail, il est mis en place par un accord collectif, à défaut par une charte de l’employeur, et à défaut par un accord entre le salarié et l’employeur formalisé par tout moyen. Service-Public précise qu’il est préférable que cet accord individuel soit écrit, pour éviter les litiges.
Un salarié peut-il refuser de passer en télétravail ?
Oui. Selon l’article L1222-9 du code du travail, le refus d’accepter un poste de télétravailleur n’est pas un motif de rupture du contrat de travail. Service-Public précise qu’en cas de circonstances exceptionnelles, comme une menace d’épidémie, ou de force majeure, le télétravail peut être imposé sans l’accord du salarié.
Combien de jours par semaine les salariés en télétravail travaillent-ils à distance ?
Selon l’Insee, au premier semestre 2024, en France hors Mayotte, 22 % des salariés du privé (y compris entreprises publiques) télétravaillent au moins une fois dans les quatre semaines précédant leur interrogation. L’organisation du travail est essentiellement hybride, avec en moyenne 1,9 jour hebdomadaire de travail à distance. Sur une semaine de cinq jours, en lisant cette moyenne comme celle des télétravailleurs, il reste environ trois jours sur site : c’est un calcul, pas un chiffre de l’Insee.
Si la distance entre chez vous et le bureau pèse sur ce rythme, l’article sur le trajet domicile-travail trop long détaille ce que l’employeur rembourse et ce qui compte comme temps de travail, et le guide pour organiser sa semaine entre deux villes prend le relais quand les nuits sur place deviennent une habitude.