Ce qu’il faut retenir
- Selon l’étude Insee Focus n° 359, la France compte 3,8 millions de résidences secondaires et logements occasionnels, représentant 9,8 % de l’ensemble du parc de logements national.
- Une grande majorité de ces biens connaissent un taux d’occupation effectif très faible, demeurant vides du lundi au vendredi.
- La location meublée à temps partiel sous bail à jours définis permet de transformer ces nuits inoccupées en un revenu locatif régulier (476 € par mois pour 2 nuits fixes par semaine à 55 € la nuit).
- Accueillir 2 ou 3 occupants professionnels de confiance sur des créneaux de jours distincts optimise le rendement du logement sans sacrifier l’usage personnel du propriétaire le week-end.
Vous avez hérité d’une maison de famille ou acheté un appartement dans une métropole ou une région prisée que vous n’occupez que quelques semaines par an. Le reste du temps, les volets restent clos. Ce n’est pas un cas isolé : selon les données officielles de l’Insee, la France compte 3,8 millions de résidences secondaires et logements occasionnels, soit près d’un logement sur dix du parc national.
Ce chiffre massif change la perspective sur un bien qui semble dormir le reste de la semaine : il ne s’agit pas d’une situation marginale, mais d’un parc immobilier considérable dont la valeur d’usage est largement sous-exploitée. Cet article analyse les données de l’Insee et montre comment la co-occupation à temps partiel permet aux propriétaires de valoriser ces jours libres en revenus locatifs garantis, sans renoncer à leur propre occupation.
Les chiffres clés de l’Insee sur le parc de logements en France
Chaque année, l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (Insee) dresse la cartographie du parc immobilier français. Dans son étude de référence « Parc de logements au 1er janvier 2025 » (Insee Focus n° 359), l’institut ventile les 38,5 millions de logements du territoire métropolitain et des DROM (hors Mayotte) en trois grandes catégories :
- Les résidences principales : 31,7 millions de logements (82,5 % du parc), habités à titre permanent par les ménages.
- Les résidences secondaires et logements occasionnels : 3,8 millions d’unités (9,8 % du parc total).
- Les logements vacants : 3,0 millions de logements (7,7 % du parc).
La proportion des résidences secondaires est d’une remarquable stabilité depuis 2017. En parallèle, la part des logements totalement vacants reflue légèrement (7,7 % en 2025 contre 8,1 % en 2019). Ce constat statistique établit que près de 4 millions de logements meublés d’excellente qualité restent inoccupés la majorité des jours de la semaine.
Que recouvrent exactement ces 3,8 millions de logements ?
La nomenclature de l’Insee regroupe sous cette catégorie des réalités complémentaires qu’il convient de distinguer :
- La résidence secondaire traditionnelle : logement meublé utilisé par son propriétaire pour les vacances, les week-ends ou des séjours de loisirs.
- Le logement occasionnel : catégorie voisine dans la nomenclature de l’Insee, un logement utilisé pour des raisons professionnelles sans y résider à titre principal, un pied-à-terre proche du travail par exemple.
- Le taux d’occupation réel : le nombre moyen de jours où le propriétaire occupe effectivement son bien, souvent estimé entre 30 et 60 jours par an.
- Le potentiel de location à temps partiel : l’ensemble des nuits de semaine (du lundi au vendredi) où le logement demeure inoccupé et prêt à accueillir des locataires professionnels.
Répartition géographique : où se concentrent ces logements ?
L’analyse territoriale des données de l’Insee montre que les résidences secondaires et logements occasionnels se répartissent dans trois grands espaces géographiques :
- Les grandes métropoles d’affaires (Paris et Île-de-France, Lyon, Bordeaux, Marseille, Lille, Nantes) : ce parc se compose principalement de studios et deux-pièces utilisés comme pieds-à-terre de semaine par des cadres mobiles ou conservés par des ménages ayant déménagé en région. C’est le cœur de marché du bail à jours définis.
- Les zones littorales et de montagne : historiquement dédiées au tourisme de vacances, ces communes font l’objet d’encadrements municipaux renforcés sur la location saisonnière hôtelière.
- Les communes périurbaines et petites villes d’appui : situées le long des axes TGV et autoroutiers, elles accueillent une part croissante de ménages en télétravail hybride.
Cette répartition montre que le besoin d’hébergement à temps partiel touche l’ensemble des métropoles régionales et pas seulement la capitale.
Exemple chiffré : la valorisation financière d’une résidence secondaire
Pris individuellement, un appartement inoccupé du lundi au jeudi semble représenter un simple coût fixe (charges de copropriété, taxe foncière, assurance). Mis à l’échelle d’une année, le potentiel de valorisation financière est substantiel.
Prenons le cas d’un propriétaire occupant son bien le week-end et laissant le logement libre les quatre nuits de semaine (soit 208 nuits inoccupées par an) :
- Un seul occupant professionnel (2 nuits fixes/semaine à 55 €/nuit) : génère un loyer moyen de 476 € par mois (sur une base de 4,33 semaines par mois), soit 5 712 € par an.
- Deux occupants professionnels (4 nuits fixes/semaine) : permettent de porter le revenu locatif récurrent à environ 952 € par mois, soit 11 424 € par an, tout en conservant l’usage du logement le vendredi et le week-end.
- En comparaison pour l’occupant : ce même professionnel débourserait plus de 1 100 € par mois à l’hôtel ou 780 € en meublé touristique pour le même usage de 2 nuits par semaine.
La co-occupation à temps partiel permet ainsi de combler l’inoccupation de semaine sans jamais perturber les habitudes du propriétaire. Pour calculer le rendement potentiel de votre bien, consultez notre guide pour rentabiliser sa résidence secondaire sans Airbnb.
L’impact écologique : optimiser l’existant plutôt que construire
Au-delà de l’équation financière, la mobilisation de ces 3,8 millions de résidences secondaires sous-occupées répond à un enjeu écologique majeur. La construction de logements neufs consomme du foncier, des matériaux de construction et génère des émissions de carbone importantes.
En remettant sur le marché de la mobilité professionnelle des logements meublés déjà construits et chauffés, la co-occupation à temps partiel constitue une démarche de sobriété immobilière. Elle permet d’accueillir des salariés en mobilité sans accroître la pression foncière dans les métropoles saturées.
L’intérêt pour le marché locatif et les navetteurs
Ce gisement de résidences secondaires ne concerne pas uniquement les propriétaires. Pour les milliers d’actifs en mobilité (cadres en travail hybride, consultants, célibataires géographiques), la mise à disposition de ces biens en semaine apporte une réponse concrète à la pénurie de logements dans les métropoles.
Plutôt que de construire de nouveaux bâtiments ou de subir la hausse des tarifs hôteliers, la co-occupation à temps partiel fluidifie l’existant. L’occupant accède à un logement meublé confortable à tarif maîtrisé sous bail à jours définis, disposant d’un espace de rangement fermé pour y laisser ses affaires entre deux semaines.
Ne confondez pas : logement vacant, résidence secondaire et meublé touristique
L’analyse de l’Insee et le cadre juridique séparent nettement trois notions souvent amalgamées :
- Le logement vacant : bien sans aucun occupant ni meuble, laissé à l’abandon ou en attente de vente/travaux. Il peut faire l’objet de la Taxe sur les Logements Vacants (TLV).
- La résidence secondaire : bien meublé et entretenu, occupé occasionnellement par son propriétaire. Sa mise en location à temps partiel sous bail civil écarte tout risque de qualification en logement vacant.
- Le meublé de tourisme hôtelier : location courte durée à la nuitée sur des plateformes touristiques, soumise aux contraintes régionales et municipales de la loi Le Meur (enregistrement Declaloc, plafonds de jours, DPE).
La location à temps partiel sous bail civil s’affranchit du turnover touristique : le propriétaire loue son bien à un locataire fixe identifié sur des jours récurrents.
Les perspectives d’évolution du parc immobilier à l’horizon 2030
Les projections démographiques et économiques suggèrent que la part des résidences secondaires et des logements occasionnels maintiendra son poids relatif dans le parc national. L’essor du travail hybride, l’extension des lignes de transport rapide et les arbitrages de vie entre grandes villes et régions accentuent la dissociation entre le lieu de résidence familiale et le lieu de travail.
Pour les propriétaires d’appartements situés dans les bassins urbains, adapter son offre de location au rythme des actifs nomades sous bail civil à jours définis représente une réponse d’avenir, alignée avec les transformations profondes du marché du travail.
Points à vérifier avant d’ouvrir votre résidence secondaire
- Évaluez vos jours de disponibilité réels sur l’année en préservant vos périodes de vacances personnelles.
- Rédigez un bail à jours définis précisant les jours attribués, le montant du loyer mensuel et les modalités de préavis.
- Aménagez des rangements fermés (placards ou armoires verrouillables) pour permettre à chaque occupant d’y déposer ses effets personnels.
- Organisez le ménage de relais entre les passages pour garantir une propreté irréprochable.
- Consultez notre dossier sur la fiscalité pour vérifier le traitement des revenus sous le statut LMNP dans notre guide dédié à la taxe sur les logements vacants et location à temps partiel.
Questions fréquentes
Combien y a-t-il de résidences secondaires en France selon l’Insee ?
Au 1er janvier 2025, l’Insee recense 3,8 millions de résidences secondaires et logements occasionnels en France (hors Mayotte), soit 9,8 % du parc immobilier national.
Qu’est-ce que la co-occupation à temps partiel ?
C’est le modèle qui consiste à louer une résidence secondaire à un ou deux occupants professionnels sur des jours fixes de la semaine où le propriétaire n’occupe pas le logement, au moyen de baux civils indépendants.
Louer ma résidence secondaire en semaine la rend-elle imposable en logement vacant ?
Non. Dès lors que le bien est occupé sous bail civil à temps partiel (plus de 90 jours par an), il est considéré comme habité et échappe à la Taxe sur les Logements Vacants.
Quel revenu mensuel attendre pour 2 nuits louées par semaine ?
À 55 € la nuit en moyenne, 2 nuits fixes par semaine génèrent environ 476 € par mois (soit 5 712 € par an) de loyer net récurrent.
3,8 millions de résidences secondaires représentent un gisement immobilier exceptionnel. Pour passer à l’action, parcourez notre dossier propriétaires et consultez notre guide détaillé sur combien d’occupants accueillir sur un même logement.